Une jeune femme est venu me voir un jour me demandant si nous pouvions parler,

ce à quoi j’ai répondu bien sûr comment puis-je t’aider ?

Elle répondit « je ne comprend pas la grâce »

«Qu’est-ce que tu n’en comprends pas ? »

Elle dit

« Je sais que je dois faire de mon mieux et que Jésus fait le reste, mais je n’arrive même pas à faire de mon mieux »

Je dis

« A vrai dire, Jésus à payer notre dette en entier. Il n’a pas payé en oubliant quelques petites pièces il a tout payé, c’est fini »

Elle dit

«  C’est ça et moi je n’ai rien à faire ? »

« Oh non, tu as pleins de choses à faire, mais pas à payer cette dette. Nous pourrons tous ressusciter. Nous retournerons en la présence de Dieu pour être jugés. Ce qui reste à déterminer, au travers de notre obéissance est si nous serons à l’aise en sa présence et quel degré de Gloire nous espérons recevoir.”

Le Christ nous a demandé de lui montrer notre foi, notre repentance, comment nous gardons les commandements et ressentons le Saint Esprit ainsi que de pouvoir endurer jusqu’à la fin.

En obéissant nous ne payons pas les demandes de la justice. Même pas une petite partie. Au lieu de cela nous montrons un réel intérêt pour ce qu’a accompli Jésus-Christ en choisissant de vivre une vie comme celle qu’il a vécu.

La justice demande la perfection immédiate ou un châtiment lorsque nous échouons. Mais comme Jésus à pris cette part de châtiment, il peut nous permettre d’accéder à la perfection ultime (Matt 5:48, 3 Néphi 12:48) et nous aide à atteindre ce but. Il peut pardonner ce que la justice ne peut pas, Il peut se tourner vers nous maintenant avec ses propres exigences. (3 Néphi 28:35)

La Grâce nous transforme

L’arrangement que pourrait avoir le Christ avec nous pourrait être similaire à celui d’une maman qui pourvoit des leçons de piano pour son enfant. La maman paie le professeur de piano elle a payé la dette entièrement, elle peut se permettre d’avoir son lot d’exigences. Qu’est-ce que ça peut être ?

L’entraînement !

Est-ce que le fait que l’enfant pratique son piano va payer le professeur ? Non.

Est-ce que le fait que l’enfant pratique son piano va payer la maman en retour pour avoir payé le professeur ? Non.

Le fait de pratiquer montre que l’enfant porte de l’intérêt  au don incroyable de sa maman. C’est sa manière de profiter de cette opportunité merveilleuse que sa mère lui donne de pouvoir vivre sa vie en s’élevant un peu plus. La joie de sa maman ne se trouve pas dans le fait d’être payé en retour mais plutôt à la manière dont son enfant utilise le don qu’elle lui a donné ainsi que de pouvoir voir son enfant s’améliorer, et elle peut se permettre de lui demander plus de pratique encore et encore.

Si l’enfant voit l’exigence de sa maman concernant la pratique du piano comme étant trop autoritaire ( “mince Maman, pourquoi ai-je besoin de pratiquer ? Aucun des autres enfants n’ont à faire autant de piano ! Je ne ferai pas ce métier de toute façon !” ), peut-être est-ce parce qu’il ne voit pas encore avec les yeux de sa maman. Il ne voit pas comment pourrait être sa vie s’il choisissait de vivre sur un plan plus élevé.

En quelque sorte comme Jésus a payé la justice, il peut se tourner vers nous et nous dire:

« Viens et suis-moi » (Matt 4:19)

« Gardez mes commandements »(Jean 14:15).

Si nous trouvons ces demandes beaucoup trop difficiles à honorer, peut-être est-ce parce que nous ne voyons pas encore au travers des yeux du Christ. Nous n’avons pas encore saisi ce qu’il essaie de faire de nous.

Elder Dallin H. Oaks du collège des douze apôtres a dit

« Le pécheur repentant doit souffrir de ses propres péchés, mais cette souffrance à un but différent du simple châtiment ou d’une dette à payer. Son but est le changement (The Lord’s Way [1991], 223; emphasis in original)

Revenons à notre enfant pianiste. L’enfant doit pratiquer le piano, mais cet entraînement à un autre but que le châtiment ou une dette à payer. Le but de sa pratique est le changement.

Le miracle du Sacrifice Expiatoire n’est pas seulement pour que nous puissions vivre après la mort, mais pour que nous puissions vivre avec plus d’abondance (Jean 10:10).

Le miracle de l’Expiation n’est pas seulement pour que nous puissions être lavé de nos péchés et être consolés, mais pour que nous puissions aussi être transformés (Romains 8). Les Ecritures sont très claires, Rien d’impur ne peut demeurer avec Dieu (Alma 40:26).

Le miracle de l’Expiation n’est pas seulement pour que nous puissions retourner à la maison, mais que miraculeusement nous puissions nous sentir à la maison ici même.

Si notre Père Céleste et son fils Jésus-Christ n’exigeaient pas notre foi et notre repentance, alors nous n’aurions aucun désir de changer.

Pensez à vos amis et aux membres de votre famille qui ont décidés de vivre sans foi et sans repentance. Ils ne veulent pas changer.

Ils ne sont pas en train d’essayer d’abandonner le pécher pour devenir agréables à Dieu, ils essaient d’abandonner Dieu pour être à l’aise avec le pécher.

Si notre Père et Jésus-Christ n’exigeaient pas des engagements de notre part et d’honorer le don du Saint Esprit, alors il n’y aurait aucun moyen de changer.

Nous serions laissé pour toujours avec notre seule volonté de changer mais sans aucun accès à son pouvoir pour le faire.

Si notre Père Céleste et son fils n’exigeaient pas de nous d’endurer jusqu’à la fin alors il n’y aurait pas de processus intérieur de ses changements au fil du temps, ils resteraient pour toujours superficiels plutôt que d’opérer profondément en nous-même et faire partie de nous, partie de ce que nous sommes. Pour faire simple, si Jésus n’exigeait pas de nous de l’entrainement, comme cet enfant et son piano, alors nous ne deviendrions jamais des Saints.

Le Grâce nous aide

« Mais ne vous rendez-vous pas compte à quel point le fait de s’exercer est difficile ? Je ne suis pas très bon au piano, je fais beaucoup de fausses notes, ça me temps trop de temps pour finalement jouer correctement. »

Mais attendez, n’est-ce pas cela le processus d’apprentissage ?

Lorsqu’un jeune pianiste fait une fausse note, on ne va pas dire de lui qu’il est indigne de continuer de s’entrainer. On attend pas de lui qu’il soit sans défauts.

On attend de lui qu’il essaie encore et encore. Peut-être que la perfection est son but ultime, mais pour le moment il doit être satisfait de pouvoir faire des progrès dans la bonne direction.

Pourquoi cette perspective est si facile à comprendre dans le contexte d’apprentissage du piano, mais si difficile à comprendre dans notre apprentissage des cieux ?

Beaucoup de personnes abandonnent l’Eglise parce qu’ils sont fatigués de toujours se sentir en échec. Ils ont essayé par le passé, mais ils ont toujours ce sentiment qu’ils ne sont pas assez bons.

Elles ne comprennent pas la Grâce.

Il ne devrait pas y avoir que 2 options : la perfection ou l’abandon.

Lorsqu’on apprend la piano n’y a t’il comme seule option que de pouvoir se représenter au prestigieux Carnegie Hall à New-York ou d’abandonner ? Non.

L’évolution et l’épanouissement prennent du temps. Apprendre prend du temps.

Lorsque nous comprenons la Grâce, nous comprenons alors que Dieu est patient, que le changement est un processus et que la repentance est un modèle de vie.

Lorsque nous comprenons la Grâce, nous comprenons que les bénédictions liées au sacrifice expiatoire du Christ sont continuelles et sa force est parfaite au sein de nos faiblesses (2Cor 12:9).

Lorsque nous comprenons la grâce, nous pouvons, comme il est dit dans les Doctrines & Alliances:

« C’est pourquoi, persévérez avec patience, jusqu’à ce que vous soyez rendus parfaits. »

La Grâce n’est pas un moteur à propulseurs qui se déclenchent une fois que notre alimentation en carburant s’épuise. Au contraire, elle est notre source d’énergie constante. Ce n’est pas la lumière au bout du tunnel mais bien la lumière qui nous pousse au travers du tunnel. On accède pas à la Grâce quelque part sur la route, on peut la recevoir ici et maintenant.

La Grâce est suffisante.

La Grâce du Christ est suffisante (Ether 12:27, D&A 17:8), suffisante pour couvrir notre dette, suffisante pour nous transformer et suffisante pour nous aider aussi longtemps que ce processus de transformation peut prendre.

Le Livre de Mormon nous enseigne de ne se reposer seulement sur « les mérites, et la miséricorde, et la grâce du saint Messie » Comme nous le faisons, nous ne découvrons pas, comme certains chrétiens pourraient le croire, que le Christ n’exige rien de nous. Au lieu de cela nous découvrons les raisons pour lesquelles Il nous demande tant tout en ayant la force de faire ce qu’Il nous demande. La Grâce n’est pas l’absence d’exigences venant de Dieu, La Grâce est la présence du pouvoir de Dieu (Luc 1:37)

La Grâce de Dieu est suffisante, la Grâce de Jésus est suffisante, c’est suffisant, c’est assez, c’est tout ce dont nous avons besoin. Ne cessez pas d’essayer. Ne cherchez pas d’échappatoire ni d’excuses. Recherchez le Seigneur et Sa force parfaite. Ne cherchez pas une autre personne à blâmer, recherchez quelqu’un qui peut vous aider. Recherchez le Christ , et tandis que vous le faites vous sentirez le pouvoir habilitant et l’aide divine qu’est cette magnifique grâce.

 


Discours de Brad Wilcox pour BUYedu traduit par Marjorie